A la cour du Roy…
Connaissez-vous la Villa Montmorency à Paris dans le 16ème ? Non ? Quels sots vous faites ! Vous ne connaissez donc rien !
La Villa Montmorency est une espace boisé situé au cœur du 16ème arrondissement de Paris. D’ailleurs on n’est plus à Paris, à la villa Montmorency. On est à la campagne ! Adieu Vélib, pots d’échappement, bruits incessants, merdes de chiens et autres marteaux-piqueurs. Ici est un havre de paix, gardé en permanence par des fonctionnaires de police rémunérés par nos impôts. Nul besoin d’alarme dans ces luxueuses villa, l’état et le contribuable se chargent de monter la garde et de protéger les bien de ceux qui pillent nos richesses pour les mettre dans leurs poches !
Allez donc vous promener sur GoogleEarth et tapez : « 12, rue poussin, paris »… C’est l’entrée du parc privé.
Le bottin mondain de la Villa Montmorency compte au premier chef les grandes puissances médiatiques : Vincent Bolloré, le plus riche de la résidence, 12e fortune de France avec 4,3 milliards d’euros de patrimoine (selon Challenge), y côtoie son concurrent sur le wi-max (Internet haut débit sans fil), Xavier Niels, très discret patron du groupe Iliad (Free) (19e rang, 2,7 milliards). Niels réside juste en face d’Arnaud Lagardère, 55e fortune de France, propriétaire entre autres d’Europe 1, suivi de près par son concurrent Jean-Paul Baudecroux, patron du groupe NRJ (54e), qui a acquis trois maisons pour ses enfants.
La Villa Montmorency se décompose en cinq strates. Au sommet de la hiérarchie, les « serial acheteurs ». Trois sont clairement identifiés : Vincent Bolloré, chef de file, Tarak Ben Ammar et Georges Tranchant, ex-député RPR des Hauts-de-Seine, propriétaire des casinos Tranchant. Ceux-là possèdent plusieurs maisons-au moins trois chacun-afin d’y loger leur progéniture. En grand propriétaire terrien, Vincent Bolloré s’implique particulièrement dans la vie associative de la copropriété dont il est devenu le secrétaire général.
Ensuite arrive le groupe des stars de l’industrie et de la finance qui possèdent de grandes et belles maisons avec de vastes jardins : outre le clan des médias déjà mentionnés, on trouve le lunetier Alain Afflelou, Jean-Paul Bucher, ex-PDG du groupe Flo, Jean-François Roverato, PDG d’Eiffage (BTP), Alain Guillon, ancien directeur du raffinage chez Elf, Michel Derbesse, ex-numéro deux du groupe Bouygues, Marc Serrell, fondateur de Terres de charme, le pape du voyage sur mesure, et les financiers Michel Cicurel (Financière Edmond de Rothschild), Grégoire Chertock (Rothschild & Cie), Jacques d’Auvigny (Mutualité française), Jacques Tenaille d’Estais (BNP Paribas)…
La troisième strate est constituée des stars de la chanson qui ont trouvé dans ce havre de paix, sous surveillance, le moyen d’écarter les fans envahissants et les téléobjectifs des paparazzis. Là, ce sont des maisons cossues dont les jardins sont souvent plus petits. Sylvie Vartan y a établi ses quartiers depuis 1977. Mylène Farmer a rejoint la Villa Montmorency pour y entretenir son mystère, tandis que Rika Zaraï s’est spécialisée dans la protection des arbres et des plantes de la « cité interdite ». On a vu passer des stars de cinéma. Gérard Depardieu, Carole Bouquet et Isabelle Adjani, qui a occupé un appartement de 110 mètres carrés en face de la maison de Sylvie Vartan, y ont séjourné avant de repartir. Gilles Jacob, le président du Festival de Cannes, lui, y vit toujours.
Fort heureusement, la crise n’atteint pas les habitants de ce havre de paix…
Chômeurs, retraités et salariés tenez bon ! C’est en réduisant vos allocations, vos salaires, vos couvertures sociales, vos retraites, vos droits, vos libertés, c’est en travaillant le jour, la nuit, le dimanche, les jours fériés, pendant vos congés maladie et maternité, jusqu’à 70 ans ou plus, que nous sauverons les habitants de ces petites cités au charme incomparable…
Extraits de l’article : « Villa Montmorency – La Cité interdite » publié sur le site du journal lepoint.fr en aout 2008.






