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La France réac…

Beaucoup s’imaginent que la vie des gays en France est des plus simples et des plus heureuses qui soit. Ces gens, le plus souvent tolérants et ouverts, ont dans leur entourage un ou deux gay, seuls ou en couple, les trouvent bien charmants et sont convaincus que leur vie est aussi simple que celle de n’importe qui. Ils refusent de croire que la France est encore un pays où le nombre personnes intolérantes et homophobes est impressionnant.
Il suffit pour s’en rendre compte de lire l’ouvrage de Serge Simon Homophobie France 2004 ou de consulter le rapport 2009 sur l’homophonie de SOS HOMOPHOBIE (224 pages).

Je vous livre quelques extraits relevés sur le blog de Marcel Dugommier :

Benoît, 49 ans, et un ami, sont violemment agressés et insultés « PD » par deux jeunes dans un parc, connu pour être un lieu de drague homosexuel. Benoît s’en sort avec quelques contusions, mais son ami est hospitalisé et doit subir une chirurgie faciale.
Ils connaissent l’identité et le domicile d’un des deux agresseurs. Benoît se rend immédiatement au poste de police local pour déposer plainte. Il donne le signalement des deux agresseurs, et l’identité ainsi que l’adresse de celui qu’il connaît. Les policiers sont débordés et lui demandent de repasser le lendemain. Cette même nuit, un homosexuel sera assassiné dans le parc…

Gérard, 54 ans, se fait tabasser par 3 jeunes au bois de Boulogne. Se rendant ensuite au commissariat pour porter plainte, il se fait sermonner par les policiers : « vous l’avez bien cherché ».

A Paris, sur le quai de la gare de Lyon, Jérémy, 26 ans, échange un baiser avec son compagnon qui prend le train. Un groupe de 5 vigiles s’approche alors, l’un d’eux lâche « dans mon pays, on t’aurait déjà crevé les yeux », et leur violence se déchaîne. Jérémy est tabassé et projeté sur les rails. Il finira à l’hôpital avec une double fracture. Son compagnon, en allant déposer plainte, est confronté à l’hostilité des policiers qui tentent de minimiser minimiser l’incident en traitant l’agressé de « petite chose fragile ». L’association a interpellé le président de la SNCF qui nous a indiqué avoir lancé une enquête auprès de son prestataire de service.

Joseph, 38 ans, et son compagnon Bertrand, 44 ans, échangent un baiser sur un parking. Six policiers en civil se jettent alors sur eux et les rouent de coups. Ces derniers les placent ensuite en détention au poste de police pour « rébellion à agent ».

Marc, 40 ans, invité au baptême du fils d’un ami de longue date, est agressé et insulté (« crevure, PD») par ce dernier.Résultat : 8 jours d’ITT. La police refusera de retenir la qualification d’homophobie pour cet acte.Marc fond en larmes au téléphone et nous demande « ce que vaut un PD agressé ».

Suite au décès de leur père, les soeurs d’Isabelle, cadre de la région lyonnaise, la rouent de coups et l’injurient. Sa famille, notamment son père, n’a en effet jamais voulu entendre parler de sa compagne, malgré plus de 15 ans de vie commune.

Marjorie et sa compagne Amandine ont été agressées à coups de pierres dans un jardin public par 4 jeunes garçons, qui leur parlent de leurs pénis, en précisant qu’ils allaient leur « montrer ce dont elles avaient réellement besoin ». Plusieurs témoins s’approchent ensuite, et sans s’inquiéter de l’état des deux jeunes femmes, se mettent à les questionner avec une curiosité indécente sur leur sexualité. Suite à cette agression, outre une ITT pour Amandine, les deux femmes sont choquées par l’indifférence des témoins.

Amélie, jeune Parisienne, nous écrit qu’elle et son amie se trouvaient en terrasse d’un café de quartier, et venaient de s’embrasser (« et c’est terrible d’être obligée de le préciser, mais nous nous sommes embrassées très chastement ! ») lorsque le patron « fou de rage » s’est précipité sur elles : « Il nous a dit que c’était un comportement intolérable, scandaleux, dégueulasse, (…) est devenu menaçant physiquement, nous intimant l’ordre de déguerpir. (…) [Il a ajouté] que c’était horrible pour ses clients« normaux », qu’on était malades. (…)Nous sommes parties sous ses insultes (…) sans que personne ne proteste ou se manifeste. »

Martin, gay de 62 ans, a porté plainte suite aux insultes proférées par un patron de brasserie à Vincennes. Ayant quitté l’établissement en réglant sa note,mais non sans avoir fait connaître son mécontentement du service et du repas, il s’est vu gratifier d’un « Ah, je vois à qui j’ai affaire ; je vais te mettre le doigt dans le cul, gros pédé ! » peu commercial.

Erwan témoigne par courriel des agissements des propriétaires de l’appartement qu’il loue avec son ami pour les déloger : « Ils nous harcèlent quotidiennement et nous insultent, traitent mon ami de folle, disent qu’il rit comme une fille et que nous avons une mauvaise influence sur son fils de douze ans. Ils ont fait une main courante [prétendant] que mon ami regardait bizarrement leur fils. »

Jonathan vient d’emménager en colocation avec son meilleur ami dans la région parisienne. Quelques semaines plus tard, il reçoit des lettres de plaintes infondées et mensongères. Quelques mois après, c’est un préavis de congé le prévenant que le bail ne sera pas renouvelé. « Après plus de trois semaines pour essayer d’avoir une explication du syndic » nous précise-t-il, « on me répond très hâtivement (…) que ma vie et mes fréquentations ne sont pas en accord avec le standing bourgeois de l’immeuble (…), que je devrais plutôt me diriger vers le Marais (…), et qu’ils n’étaient pas au courant que c’était nous qui allions occuper l’appartement sinon on ne me l’aurait jamais loué ». L’absurde de l’histoire étant par ailleurs que Jonathan est hétérosexuel !

Cédric nous raconte la discrimination dont son ami et lui ont été victimes lors d’une sortie en famille dans un centre nautique du Nord : « Alors que ma marraine et son mari s’embrassaient dans le jacuzzi, mon compagnon et moi nous sommes faits un simple bisou caché (aucun enfant dans le bassin, ni même à l’extérieur). Un maître nageur est venu nous (…) demander d’être distants et discrets alors que nous l’étions. » Après signalement au directeur de cet incident, ils s’entendent répondre par ce dernier « qu’il y en a marre de ce genre de couple » et que « ça va changer. »

Jérémy, 26 ans, embrasse David à la zone de filtrage qui les sépare sur un quai de la gare de Lyon, à Paris. Lorsque le premier s’éloigne pour prendre son train, le second s’entend dire par un des vigiles : « Dans mon pays on t’aurait déjà crevé les yeux ». Le train ayant du retard au départ, Jérémy retourne voir David et le découvre aux prises avec cinq vigiles qui l’insultent, le frappent et le jettent sur les rails. Avec l’aide d’autres voyageurs il descend sur les rails pour aider son ami à se relever mais ce dernier est embarqué par la police. A l’hôpital pour une double fracture, David raconte à Jérémy que les policiers ont voulu minimiser l’agression en le traitant de « petite chose fragile». Une plainte a néanmoins été déposée.

Thomas, 25 ans, nous rapporte les propos d’un patron de magasin à Paris : « sale pédé, pédale ! Va te faire niquer sale trou de sida ! Vous les pédés, vous êtes tous malades ! »…« Et moi je voulais seulement acheter des vieux disques de Jimmy Hendrix. Il m’a frappé et suivi en hurlant ses insultes. »

Viviane a été tellement traumatisée par son agression qu’elle a attendu des années avant de témoigner : « C’était il y a huit ans. Je sortais d’un bar situé au centre ville. (…) C’est le patron qui par l’entremise d’un de ses employés m’amise dehors en M’expliquant qu’il fallait débarrasser la ville «des tarlouzes et goudous de mon espèce ». Il a joint le geste à la parole en me jetant au sol, sur la terrasse. J’ai eu une côte fissurée et des hématomes. Mais j’ai surtout été très humiliée. Je n’ai pas osé déposer plainte : la parole d’un « honnête commerçant » contre la mienne…Il y a eu des suites, intimidations, insultes, qui me poussèrent à une tentative de suicide ».

« Honteux », comme Cyril, étudiant, qui nous déclare : «aujourd’hui j’ai voulu donner mon sang, j’étais tellement fier de pouvoir faire cet acte mais j’ai vite déchanté lorsque le médecin m’a posé tout un tas de questions en finissant par celle ci : « avez-vous déjà eu des rapports sexuels avec un homme ?»  Tout bêtement j’ai répondu oui, pour moi c’était normal et sa réponse a été très directe : « Vous ne pouvez pas donner votre sang car vous êtes homosexuel» . Pour Cyril, « cette discrimination contribue à alimenter les préjugés sur les homosexuels », elle l’a « fait pleurer » et l’a« laissé mal à l’aise toute la semaine ». Il ajoute qu’il a « heureusement pu bénéficier du soutien de ses parents et de ses amis ».

Emilien est intérimaire pour le compte d’un constructeur
automobile. Il est convoqué à un entretien préalable de licenciement pour faute grave avec mise à pied conservatoire. Chez le constructeur automobile, on lui a tenu les propos suivants : « tu es trop lent, tout le monde se plaint de toi, on ne t’aime pas, on ne supporte pas ce que tu représentes », « on ne veut pas de pédé dans ce service ».

Elise et Lucie, employées depuis un an et demie dans une chaine de restauration rapide, sont licenciées à la suite de leur coming-out auprès de leur employeur et collègues. A l’annonce de leur pacs, elles ont subi brimades, mise à l’écart et propos diffamatoires devant les clients avant d’être licenciées.

François, formateur dans leBTP, a travaillé sans problème pendant 6 ans jusqu’au jour où son chef l’a harcelé pour connaître sa vie sexuelle : « tu ne parles jamais de ta copine, tu aimes les femmes ? ». A bout, il a annoncé qu’il était homosexuel. « J’ai fait la plus grosse bêtise de ma vie car tout a changé à partir de ce moment. Du jour au lendemain, je n’étais plus bon à rien car dans ce monde là, on ne mange pas de ce pain là». Il a fini par craquer, s’est  mis en arrêt maladie pour dépression, après avoir été déclaré inapte par le médecin du travail de l’entreprise.

Joël était chef de service dans une fédération professionnelle. Il a pris la défense d’un collègue qui était traité de malsain en raison de son homosexualité. « A cette occasion j’ai révélé mon homosexualité pour le défendre. Quelques jours plus tard, j’ai été convoqué par le directeur et la présidente qui m’ont dit qu’ils ne voulaient pas de problèmes de mœurs. J’en ai été malade puis hospitalisé, le climat régnant dans la fédération était détestable. A mon retour, les délégations de signature m’ont été retirées, on a réduit mes équipes. Des propos violents ont été tenus par ce directeur : « je voudrais te coller la tête au mur ». La présidente a demandé à l’inspectrice du travail l’autorisation de me licencier, refusée car j’avais un mandat syndical. A ce moment changement dans le registre de comportement de la direction, des rumeurs ont commencé à circuler sur ma supposée pédophilie (dans une fédération traitant d’éducation). À la fin de mes protections syndicales, j’ai été licencié pour faute grave, avec information du ministère de tutelle. Cela fait 2 ans que les faits ont eu lieu et je n’ai toujours pas retrouvé de travail car la réputation qui m’a été faite me colle à la peau. »

Yves, un sexagénaire marseillais, nous contacte suite à des insultes proférées par son voisin. Il est installé dans son immeuble depuis 10 ans, et tout se passait bien jusqu’à des problèmes de co-propriété récents au sujet de la rénovation de l’immeuble. L’un de ses voisins, prétendument venu lui poser des questions sur l’avancée des travaux a fini par l’insulter : « de toute façon, vous n’êtes pas un homme, vous êtes une merde ». Il nous contacte car il ne veut pas laisser faire, mais n’a pas de témoins.

Jacques habite à Paris et a obtenu l’accord du syndic pour mettre des affiches dans la résidence sensibilisant les habitants à un problème de prolifération des cafards. Il a retrouvé sur sa porte son affiche taguée : « l’homosexualité est plus dangereuse que les cafards, elle est porteuse du SIDA ».

Voilà. Les dignes descendants de ceux qui, sous l’occupation, se donnaient du plaisir en dénonçant aux autorités allemandes les juifs, les homosexuels et les résistants sont là et bien là, toujours armés de leur haine et de leur connerie. Ils sont vos voisins, vos patrons, vos collègues, votre boulangère. Ils vous font bonne figure et se font passer pour « d’honnêtes citoyens » ce qu’ils sont convaincus d’être. Mais ils ont tôt fait de se transformer en monstres de haine et de violence verbale ou physique contre des gens qui ne leurs ont rien fait  et dont le seul tort est d’être différents.

Soyez vigilants et n’hésitez pas à témoigner et à intervenir lorsque vous êtes témoins d’actes d’homophobie tels que ceux rapportés ci-dessus.

Merci.

2 réponses à to “La France réac…”

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